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Travaux – Works

Magtogoek Atmo – 2021

Embarqué sur le Magtogoek*, le voilier à coque d’acier qui porterait mes amis Keven et Cynthia autour du monde, l’air et l’eau, le ciel et le fleuve, le haut et le bas se sont confondus. Une expérience nouvelle du paysage, de la lumière, et du positionnement dans l’espace.

Photographies argentique (Bronica SQ-A, Kodak portra), tirages numériques

* Le voilier a été nommé d’après le nom que donnaient les algonquins à ce que nous connaissons comme le fleuve Saint-Laurent : le chemin qui marche.

Capitale Minuscule – 2017

Sous l’influence des photographes humanistes, un regard géométrique, le noir et blanc, pas de recadrage, la photo au télémétrique. Une façon distante et intime de rencontrer cette capitale-village qu’est Québec.

Série exposée à l’Espace contemporain (exposition collective Urbanités) et au domaine de la Pointe-de-Saint-Vallier.

Série finaliste au gala des Prix Focus du Musée Nationale de la Photographie Desjardins.

Photographies argentique (Leica M2, Kodak Tri-X), tirages argentiques 4×5 (Ilford Mat)

100 Eux – 2020

100 Eux, c’est une performance minimaliste. Papier d’imprimante, eau, pinceau. Se souvenir avec le geste : écrire les noms de cent personnes qui ont compté et qui sont absents. Pas de liste, un vrai effort de mémoire. L’écriture à l’eau est invisible, mais au séchage, chacune des cent feuilles qui se recroquevillent de façon unique.

Exposé pendant les résidences d’artistes de Nouaisons, Centre Agriculturel.

Feuilles Xerox, eau.

Bambey – 2018

En marge d’un forum international sur le développement rural à l’université Alioune Diop de Bambey, au Sénégal, quelques moments captés avec un vieux biobjectif. Je documentais l’évènement au numérique, en couleur, et ce deuxième médium m’a permis une approche plus personnelle, plus lente, plus travaillée.

Série exposée à la bibliothèque J-C Bonenfant, Québec.

 

Photographies argentique, tirages numériques 16×20 (Flexaret, Ilford FP4+).

Bestiaire clandestin – 2019

Art clandestin, ces petites sculptures se promènent encore dans toute l’amérique du nord. Déposées secrètement dans des autobus, des trains, des navires, sur des autos chacune est livrée à son destin. Découvertes ou ignorées, recueillies ou rejetées, la longueur de leur voyage dépend des rencontres qu’elles ont fait. Certaines utilisent clandestinement la plateforme geocaching, ce qui permet de suivre leurs déplacement (l’une d’elles a actuellement parcouru près de 30000 km et est encore en mouvement!).

Ce mouvement de l’art vers un public non volontaire et l’essaimage aléatoire des sculptures inscrivent cette oeuvre dans des dimensions spaciale et temporelle incontrôlables. Plus que les sculptures individuelles, c’est l’ensemble et son déploiement chaotique dans le temps et dans l’espace qui constituent l’oeuvre. L’économie de moyens, la relative invisibilité des sculptures et leur diffusion clandestine se veulent le reflet de l’immigration non légale.

 

Fil de fer, aimants, “tags” de geocaching

Femme gigogne dormant debout – 2020

Réalisée et diffusée numériquement dans le cadre de la résidence 40 x 40, ce livre d’artiste réalisé en duo avec la poête Laetitia Beaumel pendant le confinement de 2020.

Un cube de papier peut en cacher bien d’autres. De ce ventre premier, immaculé, sont nés 39 autres mondes marqués par le passage des saisons.
Chaque cube a été individualisé à l’encre noire par xylogravure. Ce procédé a permis d’apposer sur chaque module une image évoquant l’un des quatre éléments (l’eau, la terre, le feu et l’air) et ses forces transformatrices.
FEMME GIGOGNE DORMANT DEBOUT est un livre d’artistes en trois dimensions pouvant prendre tour à tour sa forme minimale de cube blanc, se déployer de façon sculpturale ou être exploré pour la lecture.

 Exposé numériquement sur le site de 40×40.

Papier Fabriano artistico, encre, stylo.

Terre et feu – 2020

Projet universitaire, réalisé lors du cours de moulage donné par la regrettée Paryse Martin, cet ensemble de sculptures ont été réalisées pendant le confinement de 2020. Privés des équipements de moulage, cette petite série inspirée par les bronzes méconnus de Willem de Kooning explore les propriétés physiques de la plasticine (etirement, rupture, plissement, feuilletage…).

C’est un travail modeste, inachevé, représentatif du moment de flottement que la pandémie a apporté dans nos vies, et auquel je suis attaché. Le travail sculptural m’a permis d’inverser mon approche de photographe : plutôt que de capter la bonne lumière sur le bon sujet, j’ai été amené à créer des objet qui “prennent” bien la lumière.

Plasticine, eau.

Cosmogonie des corps – 2021

Cosmogonie des corps, c’est un projet multidisciplinaire de création collective. Un collectif de poêtes (Les Bourrasques) ont exploré le corps féminin, qui a été placé au coeur de leur démarche d’écriture. Le collectif a déployé son approche sous plusieurs formes : textes, récitals, vidéo-poèmes, photographie.

La série photographique Cosmogonie des corps est à la frontière entre le portrait et le paysage. La prise de vue rapprochée permet de porter un regard mélant intimité et abstraction sur les corps des créatrices elles-même.

Cette série a été publiée dans l’ouvrage “Cosmogonie des corps nos bouches des fenêtres” aux Editions de l’écume.

Photographies numériques

Echouer – 2017

Échouer d’abord : un espoir déçu de documenter Anticosti.

Ensuite se laisser happer par la pointe Ouest, ses vagues qui n’atteignent jamais la grève le souffle constant des vents comme un brouillard (et ce petit rocher au large pour s’y asseoir et lire), un sentiment d’errance. Une présence absente.

Et alors se découvrir soi-même entre deux vies, par une improbable combinaison de possibles arrivé ici parmi tous ces objets, ces corps et ces âmes et leur destin semblable : une île où échouer.

Travail réalisé en résidence de création à Anticosti (Résidence Nomade) à la chambre photographique grand format. Exposé lors de l’exposition collective Résidence nomade au Roulement à bille (Québec).

Photographies argentiques, tirages argentiques 11×14, Tachiara 4×5, Ilford HP5+.

Magtogoek nuit et jour – 2021

Dyptique issu de mon travail sur le voilier Magtogoek, ces deux photographies tirées en grand format proposent des visions alternatives du paysage. La photographie en pose longue met en évidence non seulement le paysage, mais également le point de prise de vue.

En l’occurence, le bateau est soumis aux mouvements du fleuve qui deviennent visibles sur la photographie. En outre, la photographie argentique vient avec son lot d’imperfections. Les couleurs du jours levant sont altérées et la photographie devient un entre-deux entre réel et fiction, entre figuratif et abstraction. La nuit est quant à elle peuplée par le “bruit” argentique, qui sème la confusion en apportant à l’image ses propres constellations. Les étoiles, soumises à la vibration de la caméra, laissent des traces semblables à des galaxies.

Photographies argentiques, tirages numériques grand format (36×36 po), Bronica SQ-A, Fujifilm Pro-400H.

Notre Sang Volatil – 2018

Fruit d’un travail à quatre mains mené au moyen de différentes techniques de création intermédiatique, Notre sang volatil invite le lecteur à s’immerger dans un monde duel où le fond comme la forme participent de la perte des repères. Créé puis nourri par la dimension du double, le recueil se joue de l’espace et du temps, proposant d’arpenter en deux mouvements les paysages désertés par des êtres qui ont été aimés, qui ont été perdus.

En offrant leur bras aux poèmes, les photographies de Notre sang volatil deviennent peut-être ce pont privilégié qui mène du non-dit vers le révélé, comme autant de positifs qui permettent de passer peu à peu de la lourdeur, de la noirceur, de la chair, de notre sang. À cette lumière. Volatile.

Exposé lors de l’exposition Empreinte [écrire la lumière] présentée à la Maison de la Littérature de Québec, dans le réseau des bibliothèques de Québec (bibliothèque Alliette Marchand), Dans le salle d’exposition du pavillon Alphonse Desjardins (université Laval, prix de la meilleure exposition) et à Nouaisons, Centre Agriculturel à Scott et à la bibliothèque Raymond Dion à Saint-Pierre-les-Becquets.

Recueil Photo-Poésie Notre Sang Volatil (Poésie Laetitia Beaumel) publié aux éditions Art Le Sabord.

Photographies argentiques, tirages argentiques 10×10, Rolleiflex 6008, Ilford HP5+.

Cuba Color – 2019

Première vraie série en couleur, premier travail hybride (prise de vue analogique et numériqation pour le traitement et tirage jet d’encre), Cuba exigeait ce changement de regard. “Voir” en couleur, lorsqu’on ne travaille qu’en noir et blanc demande un temps d’adaptation. Ce travail opportuniste m’a ouvert des portes, plus tard, dans ma pratique.

Photographies argentiques, tirages numériques, Leica M2, Kodak Portra.

Sidereus nuncius – 2023

Ma quatrième guitare, réalisée à l’École Nationale de Lutherie de Québec, est un instrument résolument contemporain. Inspiré par le travail de grands luthiers tels que Ken Parker, Michihiro Matsuda, Thierry André, Kopo (Fred Pons) ou encore Georges Lowden, j’ai naturellement intégré ces influences lors de la conception de cet instrument. Cette guitare est également proche de la Beetle de Jacky Walraet (guitare que j’ai découvert par après, et à laquelle j’ai emprunté le chanfrein ergonomique). Le dessin général repose sur l’idée d’une simplification des formes : la silhouette de la caisse est réduite à un cercle et une ellipse. Le travail sur les contrastes et les couleurs s’appuie uniquement sur la sélection et l’agencement des matériaux (bois, os, métal), la finition étant transparente.

Cette exploration formelle ne peut se libérer des contraintes structurelles, mécaniques, sonores et ergonomiques liées à un instrument de musique haut de gamme. De nombreux défis techniques ont dû être relevés, et ce projet a été l’occasion de tester des solutions novatrices, en évitant toutefois le manque de cohérence.

L’instrument a été développé selon deux axes techniques : la jonction du manche avec la caisse d’une part et la calibration acoustique de la caisse d’autre part. Il en résulte une guitare esthétiquement originale, agréable à jouer, avec une sonorité riche et des basses puissantes.

Cette guitare, ainsi que l’ensemble de mon parcours, ont été récompensés par le prix d’excellence de l’Ecole Nationale de Lutherie 2023.

Exposée au Guitaristique (Sherbrooke – 2023), au festival Guitare en fête (L’Islet-sur-mer – 2023) et au festival des guitares du monde (Rouyn-Noranda – 2024).

Douelle phases – 2020

J’ai voulu travailler sur la notion d’artefact. Cet objet a « vécu » plusieurs vies (arbre, planche, tonneau, de nouveau planche). Son statut a également varié (bois vivant, matériau, objet utilitaire, vestige abandonné). Chacune de ces phases a été durable, mais ce sont des évènements très ponctuels qui ont permis le passage d’une phase à une autre (abattage, débitage, construction, destruction).
Ces évènements fondateurs constituent le point focal de ce travail. Je me suis intéressé au processus de création d’artefact en tant qu’évènement dans la « vie » d’un objet.
La sculpture finale constitue un nouvel « état » de l’objet. Toutefois, la production fait partie de l’oeuvre qui s’étend à la fois sur un temps court et un temps long, un évènement fondateur et un état.
Il était important de conserver des traces de la temporalité de l’évènement lui-même. J’aime travailler sur le phénomène de l’empreinte, dans ma pratique photographique autant que dans d’autres médiums. Dans ce travail, une complémentarité entre sculpture et estampe s’est imposée. Le témoignage analogique de mes interventions sur la douelle s’est matérialisé sur papier par la xylogravure.

Peter Pan – 2019

Ces portraits du plus illustre des enfants perdus sont réalisés en utilisant un procédé de tirage alternatif : le Gumoil.

Le principe est de réaliser une réserve sur un papier aquarelle en utilisant de la gomme bichromatée, puis d’enduire l’image avec de la peiture à l’huile. L’image est enfin révélée par nettoyage, au prix d’un certain effort physique. Ce nettoyage prend d’autant plus de sens dans le cadre de ce projet dont l’objet est la recherche de l’enfant intérieur.

Le résultat, à mi-chemin entre photographie et peinture, confronte le spectateur à une matérialité inhabituelle.

Photographie numérique, tirages gumoil.