La photo traditionnelle, comment ça marche ?

Pour faire simple, disons qu’un film (ou un papier photo) noircit à la lumière. Si on le protège de la lumière, il reste transparent (ou blanc, pour le papier).

Ainsi, pour faire une photographie noir et blanc :

  • On expose d’abord un film grâce à notre appareil photo. Les parties claires du sujet renvoient beaucoup de lumière, qui va noircir le film. Les ombres, au contraire, préservent la transparence du film. On obtient un négatif du sujet photographié.
  • On projette ce négatif sur du papier photo. Cette fois, les zones noires du négatif empêchent la lumière d’être projetée sur le papier, tandis que les zones transparentes laissent passer la lumière. On retrouve notre image d’origine avec des densités de gris correspondant à notre observation.

Le tirage papier est donc le négatif du négatif réalisé lors de la prise de vue.

Maintenant, faisons compliqué ! Voici une tentative de vulgarisation de ce qui se passe sur la pellicule et sur le papier. Les chimistes et les physiciens resteront sur leur faim, mais la plupart d’entre nous se satisfera de cette version « allégée » !

De la photosensibilité à l’image latente

Alors ! La photographie est basée sur la photosensibilité (c’est à dire la capacité à « changer de forme » sous l’action de la lumière) de certains composés chimiques.

En photographie traditionnelle, il s’agit d’halogénures (ou sels) d’argent. Les films, comme les papiers argentiques (et oui, ça vient de là ce nom!) sont recouvert par une émulsion photosensible qui contient des millions de minuscules cristaux cubiques composés d’ions argent (Ag+) et brome (Br-).

Lorsque la lumière frappe un de ces cristaux, un électron est émis et immédiatement capté par un ion argent qui est alors réduit. Cela signifie qu’il se forme un atome d’argent métallique (Ag) qui est expulsé du cristal d’halogénure d’argent (ce cristal ne pouvant contenir que des ions Ag+ et Br-). L’image est déjà formée, mais elle n’est pas encore visible : on parle d’image latente.

Révélation

La faible quantité d’argent métallique formé ne permet pas de voir une quelconque image. Dans l’obscurité de la chambre noire, on trempe alors le film dans un produit, le révélateur. Celui-ci va permettre de réduire les ions argent des cristaux dans lesquels au moins quatre atomes d’argent ont été formés. Ainsi, le révélateur va permettre la transformation des ions argent (incolores) en atomes d’argent (opaques).

L’opacité de la surface va être proportionnelle à la quantité de lumière reçue. En effet, plus une zone du film est illuminée :

  • plus il y aura d’argent métallique formé dans un cristal donné.
  • plus il y aura, localement, de cristaux avec plus de 4 atomes Ag formés.

Ainsi, après développement, on peut observer du noir, du blanc, et des gris de toutes les couleurs !

Fixage

Après la révélation, les agrégats d’argent métalliques sont cernés par les cristaux qui n’ont pas été révélés. Ceux-ci sont toujours photosensibles, aussi il ne nous est pas encore possible d’observer la photographie. Un deuxième produit est nécessaire : le fixateur va dissoudre les sels d’argents et les évacuer de l’émulsion. Passée cette étape, on peut allumer la lumière !

Il faudra encore un peu de patience, puisqu’un lavage consciencieux est nécessaire pour évacuer les composés chimiques accumulés dans le papier ou dans le film, car ceux-ci peuvent nuire à la conservation de l’image. Après ce bain prolongé dans de l’eau renouvelée, il faudra sécher le support avant de l’utiliser (film) ou de l’encadrer (tirage).


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